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5 expositions qui mettent les femmes à l’honneur 

par Élise Lambin, rédactrice Feminists in the City 

· Actualités

Les musées ayant rouvert leurs portes, c’est l’occasion de rattraper toutes les sorties culturelles manquées ces derniers mois. Quoi de mieux pour ça que des expositions qui redonnent aux femmes la visibilité qu’elles méritent ? On vous en propose cinq à ne pas rater cet été...

Simone Veil à l’Hôtel de ville de Paris 

Quatre ans après sa disparition, la ville de Paris décide de mettre à l’honneur les mille et une vies de Simone Veil. Haute fonctionnaire, magistrate, ministre ou encore académicienne, l’exposition retrace chronologiquement l’incroyable destin d’une femme d’exception. Elle est intitulée « Nous vous aimons, Madame », mots prononcés par Jean d’Ormesson en 2010 alors que l’Académie française dédiait une réception à Simone Veil. 

Les accomplissements de Simone Veil y sont racontés à travers les œuvres de ses amies et des documents jamais montrés au public. Son expérience traumatisante au sein des camps d’Auschwitz-Birkenau et de Bergen-Belsen est évoquée. 

Ses fonctions politiques sont également mises en avant, elle qui a ouvert la voie à d’autres femmes en étant la première à plusieurs postes : la première secrétaire générale du Conseil supérieur de la Magistrature en 1970, la première femme ministre de plein exercice de la Ve République en 1974 et puis la première présidente du parlement européen en 1979. L’exposition ne manque bien sûr pas de rappeler son combat pour faire passer la loi sur la dépénalisation de l’avortement dont elle est l’autrice. 

Pour être incollable sur la vie de cette femme qui a tant fait pour notre pays et pour les droits des femmes, rendez-vous à l’hôtel de ville de Paris du 28 mai au 21 août 2021. 

Les femmes peintresses au musée du Luxembourg 

Pour sa réouverture, le musée du Luxembourg rend femmage aux femmes artistes à l’occasion d’une exposition intitulée « Peintres femmes, 1780-1830 : naissance d’un combat ». L’objectif de cette exposition n’est pas seulement de faire découvrir les tableaux réalisés par des femmes mais de raconter le statut des peintresses de l’époque. 

Il s’agit d’effacer une idée reçue selon laquelle les peintresses remarquables ne sont apparues qu’à la fin du XIXe siècle. En réalité, la période entre 1780 et 1830 a été particulièrement florissante pour la naissance de ces artistes puisque c’est à ce moment-là qu’elles commencent à se faire une place dans le milieu de l’art. En tout, c’est 70 œuvres qui sont exposées, provenant de collections publiques et privées, françaises ou internationales. On retrouve de grands noms, comme Élisabeth Vigée-Lebrun, dont nous parlons dans notre Masterclass sur les femmes artistes au XIXème siècle, Marguerite Gérard ou Constance Mayer mais également des artistes méconnues. 

Portrait présumé de Madame Soustras, 1802, Paris. © Rmn-Grand Palais (musée du Louvre) photo © Maxime Chermat 

Ne ratez pas cette belle exposition qui se déroule du 19 mai au 4 juillet 2021 au musée du Luxembourg. 

Les divas de l’institut du Monde Arabe 

A l’institut du Monde Arabe, ce sont les artistes femmes de la musique et du cinéma arabe qui sont célébrées, « D'Oum Kalthoum à Dalida » comme l’annonce le titre de l’exposition. Ces divas ont évolué dans les sociétés arabes d’après-guerre. Il ne s’agit pas uniquement de mettre en avant leur parcours artistique mais l’histoire dans son entièreté : de leur vie aux changements sociétaux auxquelles elles ont assisté et participé. 

Ses femmes sont des symboles, elles ont pris part à la naissance du féminisme dans leurs pays respectifs. Parmi elles, on retrouve par exemple Laila Mourad, une chanteuse et actrice égyptienne qui a contribué à façonner l’imaginaire égyptien en incarnant l’archétype de l’ « actrice étrangère » tout comme Souad Hosni, qui fait aussi partie de l’exposition. Cette autre actrice égyptienne, issue d’un milieu populaire, avait réussi à devenir une actrice emblématique et un visage de la modernité. 

Shirin Neshat, Oum behind the curtain close up - Yasmina Raels © Razor Film 

Les femmes « font l’abstraction » au Centre Pompidou 

Pour sa première exposition post-confinement, le centre Pompidou revient sur la place des femmes dans l’histoire de l’abstraction avec une exposition Intitulée « Elles font l’abstraction ». L’abstraction étant, dans l’art, un terme qui renvoie aux différents arts abstraits et aux formes d'expressions non figuratives et non narratives. L’exposition retrace l’histoire de ces arts abstraits, de leurs origines à la fin des années 1980. Elle met un point d’honneur à replacer dans cette histoire les apports de plus d’une centaine d’artistes femmes dont la contribution a parfois été injustement effacée de l’histoire de l’art. 

C’est une exposition inclusive qui traite plusieurs formes d’art - la danse, les arts décoratifs, la photographie ou bien même le cinéma - et qui se veut internationale en racontant cette Histoire en Amérique latine, au Moyen-Orient ou encore en Asie. Le tout, avec une perspective engagée qui interroge les combats de ces artistes femmes et ne manque pas de mentionner leurs positions. 

Photographie de Lynda Benglis en pleine création (détail), à l’origine publiée dans le magazine « Life » (1970). © Henry Groskinsky © Lige Inc. - Exposition-Paris.info

Découvrez le rôle des femmes dans l’histoire de l’abstraction du 19 mai au 23 août 2021 au Centre Pompidou. 

Toulouse et ses sorcières 

Le Muséum de Toulouse parle sorcières à l’occasion de son exposition « Magies Sorcelleries » qui interroge les frontières entre savoirs et croyances. Une partie de l’exposition est consacrée aux magies féminines et tout particulièrement à la figure de la sorcière contemporaine dans le contexte de l’écoféminisme et le néo-chamanisme. 

Il s’agit d’une visite numérique guidée par Marie Lisel qui n’est autre qu’une maître-praticienne en hypnose ericksonienne. Elle se qualifie également de sorcière queer écoféministe. Plus qu’une exposition, le Muséum offre une véritable expérience sensorielle dont l’objectif est de permettre aux personnes participant à la visite de repartir en ayant trouvé sa magie intérieure. 

Site du Muséum de Toulouse © DR

À retrouver au Muséum de Toulouse du 19 mai 2021 au 2 janvier 2022.

Cet été est donc l’occasion de (re)découvrir l’histoire et le travail de femmes trop souvent en minorité dans les musées. Chez Feminists in the City, nous faisons de la mise en avant des femmes dans l’art et la culture notre mission, notamment à travers nos visites guidées comme celles au musée d’Orsay ou du Louvre qui permettent de découvrir les collections avec un regard féministe tout en questionnant la représentation des femmes. 

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